À 5 300 mètres d’altitude, les évaluations battent leur plein pour nos scientifiques !

Publié le 15 octobre 2026

La mission a débuté à Juliaca, ville des Andes péruviennes située à 3 824 mètres d’altitude. L’équipe la connaît : elle y avait évalué près de 100 enfants en 2024, en collaboration avec l’hôpital local. Elle y revient cette année pour une autre raison, puisque Juliaca est le dernier palier avant La Rinconada.

Plus de 50 volontaires déjà évalués à La Rinconada

Partie de France le 30 septembre, l’équipe d’Expédition 5300 poursuit ses travaux à La Rinconada. Ses journées conjuguent exigence scientifique, conditions de travail éprouvantes et attention constante portée aux participant(e)s.

Des conditions de travail éprouvantes

À La Rinconada, les évaluations battent leur plein : plus de 50 volontaires ont déjà été évalués. Elles se déroulent dans des conditions difficiles. Malgré l’étape d’acclimatation à Juliaca, l’équipe elle-même est exposée au mal aigu des montagnes et ressent durement les effets de l’altitude.

Les journées sont longues et dépassent souvent douze heures de travail. Il faut accueillir les volontaires, faire fonctionner les six postes d’examen, remettre chaque soir les enregistreurs de sommeil, puis préparer la journée suivante. Le tout dans le froid, et malgré de fréquentes coupures de courant en journée, qui interrompent le fonctionnement des appareils de mesure.

Concilier le temps de la recherche et les besoins médicaux

La qualité de la relation avec les participants est au cœur de la mission. Chaque évaluation commence par un échange : présenter le protocole et ses objectifs, expliquer ce qu’il implique, répondre aux questions, recueillir le consentement.

Cet échange permet aussi de concilier deux temporalités. Les résultats scientifiques ne seront connus que dans plusieurs mois, alors que certains participants présentent des besoins médicaux immédiats, dans une ville où l’accès aux soins demeure limité.

C’est pourquoi chaque volontaire bénéficie d’une consultation médicale complète. Lorsqu’un problème de santé est identifié, l’équipe oriente la personne vers les professionnels adaptés, plus bas, à Juliaca. Chacun repart avec un bilan de santé établi par les médecins de l’équipe.

Découvrez le deuxième épisode de notre webserie « Vie d’altitude »

Le deuxième épisode de notre websérie explique pourquoi cette mission est consacrée à la santé des femmes, et vous fait découvrir l’envers du décor de notre laboratoire.

Chaque volontaire y passe environ trois heures. La consultation clinique ouvre le parcours. 

Suivent une prise de sang, une mesure du volume sanguin et de globules rouges, des explorations vasculaires, une échocardiographie, des mesures ventilatoires et des tests neurocognitifs de mémoire, d’attention et de flexibilité mentale.

 La nuit suivante, un enregistrement du sommeil est réalisé à domicile pour détecter d’éventuelles perturbations respiratoires.

Découvrez notre nouvelle webserie « Vie d’altitude »  © PERCEPTIOM, agence de communication scientifique

Comment tester l’hypothèse d’une protection hormonale contre le manque d’oxygène ?

Avec Samuel Vergès, directeur de recherche Inserm – Université Grenoble Alpes et directeur du groupement d’intérêt scientifique Expédition 5300, nous vous expliquons en vidéo comment ce protocole a été construit.

L’hypothèse de la mission est que les hormones féminines ont un rôle protecteur en situation de manque d’oxygène. Pour la tester, il faut pouvoir distinguer ce qui relève du sexe, de l’âge et de l’altitude.

 À La Rinconada, l’équipe compare quatre groupes : des femmes et des hommes de 18 à 35 ans, des femmes ménopausées et des hommes de 50 à 70 ans. La comparaison entre jeunes femmes et jeunes hommes évalue la différence entre les sexes lorsque les hormones féminines sont pleinement actives. Celle entre les groupes plus âgés indique si cette différence évolue après la ménopause.

À Lima, au niveau de la mer, une population témoin réunira des groupes de volontaires de 18 à 35 ans et de 50 à 70 ans, hommes et femmes. La comparaison avec La Rinconada permettra d’évaluer l’effet propre du manque chronique d’oxygène sur les les différences entre sexes et en fonction de l’âge

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