Puno, 3800m d’altitude avec en toile de fond le carnaval.

Au bord du lac Titicaca. Flirtant avec la frontière bolivienne. L’ambiance y est plus douce sous le son des instruments et percussions préparant le carnaval. Les températures sont, elles aussi, plus clémentes. L’air y est plus sec. C’est dans cette région que l’équipe de scientifiques continue son aventure afin d’évaluer de nouveaux volontaires. À une telle altitude, la quantité d’oxygène y est déjà fortement réduite et ce n’est pas sans conséquences pour les organismes.

  • L'équipe d'EXPEDITION 5300 presque au complet ! Prête à se rendre à La Rinconada

Des premières mesures qui demandent une analyse a posteriori plus approfondie 

Notre équipe de scientifiques continue d’enchaîner les longues journées, avoisinant avec les 15 heures parfois. Au total, c’est plus de vingt péruviens qui ont été évalués. Des premières tendances étonnantes qu’il faudra prendre le temps d’analyser au retour à Grenoble.

Par exemple, ce que l’on constate ici, chez les habitants à 3800m d’altitude, c’est que le niveau d’hématocrite, autrement dit le pourcentage de globules rouges dans le sang total, atteint des valeurs incroyables ! Pour nous, ce taux oscille autour de 40% quand pour les habitants de Puno eux oscillent autour des 60%…

Place à la suite avec une qualité essentielle : la prudence 

Ne pas être naïf. Monter à 5300m d’altitude n’est pas sans conséquence là où la vie permanente est considérée comme impossible.  On s’apprête à souffrir. Ce n’est seulement qu’après plusieurs jours et même semaines qu’on développera une « polyglobulie », c’est-à-dire une production accrue de globules rouges qui vise à améliorer le transport de l’oxygène et nous permettra d’être dans un état de forme « moins pire ».C’est un des aspects qui nous intéresse énormément, notamment à La Rinconada où les effets d’une polyglobulie excessive (induisant un épaississement du sang) peuvent avoir des conséquences délétères sur la vie des habitants.

L’altitude et le manque d’oxygène. Tout un monde. Aussi fascinant qu’intrigant.

Savoir plutôt qu’ignorer, se connaître plutôt que se découvrir, voilà des points essentiels quand on évolue en situation d’hypoxie.

Alors qu’à altitude modérée (<2000m), le manque d’oxygène peut paraitre anodin et à peine perceptible, il peut vite devenir à plus haute altitude un véritable Léviathan qui va agir jusque sur votre cerveau et vous pousser à prendre les mauvaises décisions lorsque vous êtes en milieu hostile. L’essentiel est donc peut-être là : penser en homme d’action et agir en homme de pensée.

A très vite pour la suite des aventures.

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4 Comments

Anne Marie BRUNET · 13 février 2019 at 17:16

Merci pour toutes ces belles infos …..je vous suis avec beaucoup de bonheur vos recherches sont passionnantes …..un grand bravo pour tout votre investissement et ce que vous réalisez

    Axel PITTET · 26 février 2019 at 18:44

    Bonjour Anne-Marie,
    Merci beaucoup pour votre message qui donne beaucoup d’énergie !
    A bientôt,
    Axel PITTET

Sabine Pisano-Jacotot · 25 février 2019 at 13:13

Bonjour, je suis animatrice à l’EHPAD du canton d Saint Cyprien, les résidents ont été très interréssés par l’article paru ce matin dans le Sud Ouest. Nous allons suivre votre expédition grâce à votre carnet d’aventure. Merci pour ce partage

    Axel PITTET · 26 février 2019 at 18:43

    Bonjour,
    Un grand merci pour votre message qui nous touche ! Bravo pour votre métier…
    A très vite,
    Signé : Axel Pittet, responsable communication et périgourdin !

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